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Découvrir ou Redécouvrir Ensemble à BOUDOU Association loi 1901

D.R.E.B à BOUDOU (Tarn et Gne)

Inondation de 1930

L'inondation du XXe siècle

du dimanche 2 au Mardi 4 mars 1930

 

La rivière Tarn va noyer villes et villages entre autres : VILLEBRUMIER (82370), REYNIÈS (82370), MONTAUBAN (82000), ALBEFEUILLE-LAGARDE (82290), MOISSAC (82200), VALENCE D'AGEN (82400)

En l'espace  de deux jours, les eaux du Tarn, rejointes par celles de l'Aveyron et de la Garonne, provoquèrent une catastrophe qui ravagea tout le Tarn-et-Garonne. Jusqu'à ce jour, il n'y eut jamais un débordement d'une aussi effroyable ampleur, tant par les dégâts occasionnés que par le nombre de victimes. C'est une 

Un sol saturé, gorgé d'eau. « La Dépêche » de TOULOUSE indique « qu'il est tombé, en quatre jours, deux fois plus d'eau que dans les 28 jours précédents ».

Aux terres imbibées, il faut ajouter une quantité exceptionnelle de neige tombée sur les massifs dans les hautes régions où les cours d'eau prennent leur source. « 2 mètres en certains endroits dans les derniers jours de février », signale le même quotidien. Or, un vent chaud, provenant de la Méditerranée, se mit à souffler, entraînant une fonte rapide et massive de cette épaisse couche de neige.

En ce dimanche 2 mars, l'eau monte considérablement. Le Tarn, son confluent l'Agout et tous les autres petits cours d'eau grossissent et poussent les embâcles divers.

Le système d'alerte n'est pas encore mis en place et le dimanche les postes sont fermées et les alertes téléphoniques ou télégraphiques ne seront pas faites. Elles n'auraient pas pu éviter le pire tant la montée des eaux fut foudroyante.

Le premier village a subir les conséquences de ces inondations c'est REYNIÈS (82370) avec le ruisseau "La Gravelle" qui descend des côteaux et qui contourne par la Nord le village et va l'engloutir. Plus de détail sur cet épisode par ICI

Les eaux du Tarn continuent leur course folle.

 

Le cauchemar débute pour MONTAUBAN (82000) le lundi 3 mars. Dans la journée, les eaux opaques du Tarn s'agitent, mais pas suffisamment pour que l'on s'alarme. C'est finalement dans la nuit que les rues de Sapiac, Villebourbon et de Gasseras sont inondées.

Ce n'est qu'à cet instant que l'alerte est donnée, mais il est déjà trop tard. Les Montalbanais vont connaître une nuit apocalyptique, dans la plus grande obscurité, l'usine électrique ayant été inondée.

Le Tescou a submergé le quartier bas de la rive droite et toute la rive gauche; seule la gare de Villebourbon émerge comme une île.

L'eau atteint 11,90 m dans la traversée de la ville.

 

Le mardi 4 mars, le Tarn suit sa longue chevauchée. Il se gonfle des flots boueux de l'Aveyron, également en crue.

Seulement quatre heures après MONTAUBAN (82000), à l’est de MOISSAC (82200), la digue du chemin de fer "cacor" en bois cède et provoque un tsunami emportant d’innombrables quartiers et leurs habitants.

 

Les bords du Tarn sont anéantis à tout jamais :

MONTAUBAN (82000) recense 25 morts environ 1.092 maisons écroulées, 4.200 hectares de rues inondées.. Aux 10.000 sans-abri montalbanais.

MONTBETON (82290), village pourtant en hauteur, 46 maisons furent inondées et 25 détruites. L'eau s'approcha à moins de 200 mètres de l'église, distante pourtant de 3 kilomètres de la rivière.

ALBEFEUILLE-LAGARDE (82290), 7 morts et plus de 85 % sinistrés sur les 416 habitants, 102 maisons écroulées, le village est rasé de la carte:

BARRY D'ISLEMADE (82290) submergé (5 morts, 50 maisons détruites), Les Barthes (tout le village est détruit, 8 morts)

VILLEMADE (82130) (1 mort, 164 maisons détruites). Dans ce dernier village complètement en ruines, le nombre de victimes demeure faible. L'intervention d'un groupe de sauveteurs, dans lequel figure Antonin VERr, permit de sauver de la noyade plus de 86 personnes.

MOISSAC (82200), clôture ce macabre décompte, est la commune la plus endeuillée avec 120 victimes, 1.400 maisons détruites, 5.896 sans-abri. Un cirque était présent sur l'île de BEAUCAIRE à MOISSAC (82200);

 

Sont aussi victimes des flots dévastateurs de l'Aveyron la nuit précédant l'inondation de Montauban :

LAGUÉPIE (82250), SAINT ANTONIN NOBLE VAL (82140), CAZALS (82140), PENNE (81), BRUNIQUEL (82800), MONTRICOUX (82800), BIOULE (82800), NÈGREPELISSE (82800), ALBIAS (82350),

Tous les médias de l'époque sont utilisés (presse, cinéma, radio) pour se faire l'écho du sinistre dans le Sud-Ouest.

Le président Gaston Doumergue passe dans chaque commune sinistrée et « perd son légendaire sourire », déclare « La Dépêche » de Toulouse (le 9 mars 1930).

Les troupes coloniales en garnison aux environs de Montauban sont rapidement sollicitées pour préserver les biens des sinistrés.

Baïonnette au canon, les tirailleurs sénégalais mettent ainsi un terme aux exactions de groupes de pillards qui tentent de faire fortune sur la détresse humaine. Le même déploiement se déroule à Moissac.

Il faut être muni d'un brassard rouge ou d'un papier portant le tampon de la mairie pour pénétrer dans les quartiers sinistrés.

L'extrême vigilance des Tirailleurs sénégalais vaudra quelques désagréments au ministre des Travaux publics et au préfet de Tarn-et-Garonne, M. Vidal, qui, le 6 mars, ne purent visiter certains quartiers, les Tirailleurs refusant de les laisser passer car ils n'étaient pas munis des attestations nécessaires !

Des éléphants du cirque ont bien survécu et dans les jours qui suivent les éléphants sont utilisés pour tirer des charrettes très lourdes, déplacer des poutres, des troncs, des débris, et aider au déblaiement, là où les chevaux n’y arrivaient plus.

La presse locale et des témoignages évoquent leur force et leur calme, très précieux dans une ville détruite, boueuse, encore traumatisée.

 

Le dimanche 9 mars sera un jour de deuil national.

Des actes héroïques :

Adolphe POULT : Agé de 26 ans, c'est un jeune industriel montalbanais connu de tous. Ancien aviateur et sportif averti, il prend, dès que l'alerte est donnée, son canoë indien avec lequel il réussit, avec le chef de cabinet du préfet, à repêcher durant toute la nuit une centaine de personnes prise dans les eaux tourbillonnantes du Tarn. Exténué par cette nuit sans nom, son canoë chavire et bien que nageur aguerri, il se noie. On retrouvera son corps le surlendemain, à l'extrémité du quai de la gare de Villebourbon. Le 6 mars, le ministre des Travaux publics, Georges PERNOT, en visite, lui décerne la croix de la Légion d'honneur, à titre posthume.

 

Jean-Marie ASTRUC : batelier à Moissac : réveillé par les cris venant du quartier de la rue Malaveille  il met sa barque à l’eau, alors que le courant est déjà extrêmement violent, il navigue dans les rues, entre les maisons effondrées et les débris, il effectue plusieurs allers-retours, souvent dans l’obscurité totale. À un moment il entend des appels venant d’un toit, et découvre une mère et ses trois enfants, agrippés à une cheminée. Il parvient à les embarquer un par un, malgré une poutre qui frappe la barque. Il réussit à atteindre une zone plus élevée, sauvant quatre vies. Épuisé, il reprend pourtant les secours à l’aube.  Il refusera toute récompense, déclarant simplement : « J’ai fait ce que tout le monde faisait. » Son acte est mentionné dans un rapport communal de 1930,

 

Et tant d'autres anonymes.....

Solidarité locale et nationale

Une souscription nationale est même lancée, mais les communes voisines proposent leur aide et organisent les secours, le relogement des victimes. Ils aident aux déblaiements des décombres, à la reconstruction et la reconstitution du cheptel indispensable à la vie des familles.

Des militaires et des sauveteurs venus de Montauban, ainsi qu'une compagnie du 2e aérostiers de Toulouse, construisent (après déblaiement et nettoyage) des hangars et des baraquements en bois pour loger les sinistrés. Les secours arrivent de toute la France :

les Alsaciens à LIZAC (82200) une école à Lizac a donc été construite ainsi qu'un café-épicerie,

La ville de PARIorganise pour MOISSAC (82200),  une collecte de dons pour aider à la reconstruction. Les donations excédant les besoins, il est décidé de s’offrir une halle moderne avec un toit de verre spécifiquement dédiée au marché au Chasselas, d’où les décors de grappes de raisin : le Hall de Paris attire l’œil avec son architecture composite où prédominent la brique rouge et l’inscription sur son fronton « Don de la ville de Paris 1930 ». C’est cette inscription qui a valu son nom au monument.

Le département du Doubs et de la Haute-Marne,  grâce au général de Seguin de Reyniès, en garnison à Besançon, de nombreux dons (victuailles, vêtements, outils, etc.) même  huit chevaux, des bœufs.

À la solidarité nationale s’ajouta une aide financière internationale, notamment en provenance du Royaume-Uni, des États-Unis, de la Belgique, de la Suisse et d’autres pays européens, 

Les PAYS-BAS envoyèrent du matériel et la main-d'oeuvre nécessaire pour reconstruire ALBEFEUILLE-LAGARDE (82290), grâce à l'intervention de M. METGER.; C'est ainsi que le village prit des accents architecturaux copiés sur le petit village de ZUYDERZEE.

La BELGIQUE s'associent financièrement et matériellement à la reconstruction de REYNIÈS (82370) et de MONTAUBAN (82000)Une décennie plus tard, de nombreux Belges, fuyant l'avancée des troupes allemandes, se réfugient en Tarn-et-Garonne : des affiches ont été apposées avec le message suivant  « Montalbanais, souviens toi ! On t'a aidé pendant les inondations maintenant c'est à ton tour d'aider les réfugiés".

Les renseignement proviennent de

FR3, La dépêche

 

 

Vos commentaires par ICI

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